Pourquoi la tristesse t’envahit t’elle autant ?

Une identité singulière

Souvent en décalage, tu réalises que tu n’es pas tout à fait comme les autres. A fleur de peau, toujours prête à fondre en larmes, tu peines à cacher tes émotions débordantes qui sont pourtant le moteur de ton fonctionnement.

Toute chose qui contient une forme d' exagération nécessite une interrogation

Tu accumules des questions restées sans réponses et cela engendre en toi une grande frustration. Tu doutes sur toi même en permanence, tu penses “trop”, tu analyses “trop”.

Tu ressasses sans fin tes actes et paroles passées, regrettant et reformulant ce que tu aurais pu dire ou faire. Tu analyses en boucle les discours d’autrui. Méfiante, tu lis entre les lignes et ce manque d’innocence te pèse.

Peu confiante en toi, tu avances à reculons, socialement et psychologiquement. Tu es spectatrice du monde qui t’entoures, tu l’observes, le contemples en détail. Les codes de la société te semblent si durs à assimiler, tu te sens différente et tu ne comprends pas vraiment pourquoi.

Dans cette société si proche et si lointaine à la fois, tu ne te sens pas à ta place et tu comprends que la normalité n’est pas à ta portée. Le monde autour de toi semble afficher un bonheur simple, un sourire naïf, et tout cela te semble inaccessible.

Ta différence te chagrine, tu penses que tu n’arriveras jamais à ton but, et que tout ce que tu entreprends sera voué à l’échec.

Un échec causé par une sensibilité et une émotivité que tu ne peux contrôler sans l'aide d' Allah Le Très Haut. 

Tu débordes d’énergie du soir au matin, tu ne peux te reposer, tu cours aussi vite que tes idées qui s’enchainent.

Parfois tu construiras un mur autour de toi, une bulle dans laquelle tu te sentiras en sécurité, protégée, et que nul ne pourra franchir. Ton amour propre dégringole car tu ne sais pas comment t’aimer, et tu préfères t’isoler.

Les souvenirs qui nous reviennent et les larmes qui nous montent aux yeux prouvent à quel point on déteste être séparés.

Et puis il y a ces souvenirs d’enfance, qui te hantent, jour et nuit, parce que tu ne sais pas oublier. Tu te revois seule sur le banc de l’école à regarder les autres jouer, tu étais celle qui volait au secours de l’enfant humilié, ne supportant pas l’injustice.

Ces moments anodins de l’enfance sont gravés en toi, ces moments qui pour toi avaient un impact conséquent sur ton bien-être, ces larmes d’incompréhension, et ce pourquoi qui revient en permanence.

Pourquoi ne suis-je pas comme les autres ? Pourquoi ne sais-je pas rire innocemment comme les autres enfants de mon âge ? Pourquoi même les adultes me semblent incohérents ? Pourquoi, pourquoi ?!! Pourquoi ce qui effleure untel, me blesse au plus profond de moi-même ? Comment oublier, comment ne pas souffrir ?

Au final, tu abandonnes, tu te dis que ce monde n’est pas le tien. 

Tes relations sociales sont maladroites, tu penses que tu es toujours en dessous des autres. Tu ne sais pas faire simple. Tu ne sais pas être simple.

Tu ne sais comment éteindre cette machine cérébrale. Tu réfléchis, tu ressasses, tu cogites, sans relâche. Ta sensibilité t’isole. Et puis il y a toutes ces petites choses du quotidien qui t’agacent, une lumière trop forte, un bruit de feuille sur le carrelage, une chaise que l'on déplace…

Tu aimerais te réfugier loin, seule, là où tu pourrais oublier que tu ne fonctionnes pas comme les autres.

Paradoxalement, tu te rends compte que tu as besoin des autres, que tu veux aider les autres.

 Tu vis à travers l’autre. Cette force en toi, cette sensibilité, cette émotivité, te force à tendre la main à ton prochain.

Tes émotions sont le carburant de ta vie : la joie de celui qui reçoit un cadeau, le sourire de l’enfant que tu as rendu heureux, une aumône qui a soulagé, un moment fraternel partagé, une invocation exaucée.

Seulement voilà,

tes émotions sont en dents de scie, et ton empathie excessive te plonge vite dans des moments de grande détresse : la meilleure amie que tu as perdue, l'impuissance devant la pauvreté, la douleur des réfugiés, le regard d’un enfant meurtri par la guerre, un animal maltraité…

 La tristesse du monde pèse sur tes épaules, c’est en toi, tu ne peux la contrôler. Tu craques souvent, tes larmes sont quotidiennes, parce que quand le monde a mal, toi aussi tu as mal.

Tu voudrais masquer qui tu es, car en face de toi on ne comprends pas vraiment pourquoi tu es comme ça, différente, le regard toujours embué, prête à fondre en larmes.

Tu sais bien que tu es différente, tu te demandes ce qui te manque, ce que tu as de moins que les autres, puisque la personne en face de toi, elle, va très bien, et continue son chemin, imperturbable.

Pourtant.

Pourtant, tu n’es peut-être pas si bête que tu ne le penses, et tu as de grandes qualités, des facilités que d’autres non pas. Tous ces moments de détresse ont une explication, une raison.


Sans doute ne le sais tu pas encore, mais tu es certainement douée, très douée, surdouée. Haut-potentiel, zèbre, précoce, ce n’est pas une maladie ! C’est de cette manière que Ton Seigneur t’as créée.


 Un atout qui suscite parfois de l'étonnement voir de la jalousie...

Oui, tu fonctionnes différemment, ton intelligence est différente, ta manière de traiter les informations est singulière. Ton intelligence débordante, en arborescence ne saurait se contenir dans la tête de ceux qu’on appelle les “normo-pensants”, car elle n’est pas comme celle des autres : tu penses avec ton coeur et tu agis en fonction de tes sentiments.

Certains hauts potentiels ont fait abstraction totale de leurs émotions qu’ils ont rejetées, faisant d’eux des être atypiques, souvent cloîtrés dans un monde solitaire, une zone de confort, qu’ils ne veulent pas partager avec le monde. 

Souffrant parfois de cette modalité, ou au contraire satisfaits de cette exclusivité, ils réfléchissent en dehors des sentiers battus.

Alors toi, qui te pensais plus bas que terre, tu réalises maintenant que ton mode de pensée est un atout. Tu vois à travers les autres, tu ressens pour eux, tu anticipes leurs réactions, tu comprends les messages cachés, les non-dits, et les sous-entendus. Ton pouvoir d’analyse te permet d’appréhender les situations, de ne pas tomber des nues.

Sache que tu es profondément humaine, sensible et touchée par la détresse quand la plupart s’en moquent totalement. Tu aimes sans compter alors qu’on compte pour t’aimer. Tu partages ton bien être, que tu distribues généreusement, tu as tant à donner. Tu aimes pour l’autre ce qui est bénéfique pour toi.

Tout ce que vous dépensez comme bien, Dieu le sait parfaitement.

(Sourate 2 : verset 273)


A côté de ça il y a tes grandes capacités :

Grandioses, profondes et avides de savoir. Tu t’intéresses à tout, tu veux tout comprendre, et tu places toujours la barre plus haut, te fixant des objectifs en permanence.

Comme les pages internet qui s’entrelacent les unes aux autres, tes intérêts se multiplient indéfiniment. Tu ne peux aborder les choses sans les comprendre, toujours en quête de nouvelles connaissances.

Cependant...

Tu peux t’écrouler très vite. Tes moments de tristesse sont incontrôlables, tes blessures sont douloureuses, tu ne peux contenir tes émotions. Ton quotidien entier dépend justement de ces émotions, et cet état de grande mélancolie te fait perdre le fil de ta vie et tu as l’impression que tu ne maîtrises plus rien.

La méditation et le rappel d' Allah est une source de bonheur.

Ton extrême sensibilité, bien qu’embarrassante, est comme un sixième sens. Tu abordes la vie différemment, plus profondément.

Quand tu aimes c’est inconditionnellement et on te trompe peu facilement. Quand tu es heureuse, tu l’es pleinement, et plus que les autres ne le sont.

Forcément quand tu t’attristes, c’est également plus que les autres.

Et si tu utilisais tes émotions débordantes à t’émouvoir sur le Coran. Sers-toi de tes atouts pour craindre Ton Seigneur, car tu sais et tu ressens plus que les autres.

C’est une grande faveur de la part d’Allah. Il t’a choisie parmi tant d’autres, sois fière de ta différence, sans pour autant être hautaine et fais-en un atout.

Reste différente et profite de ton empathie pour aider les plus nécessiteux.  A l'image d'un papillon magnifique, ta différence suscite de l'étonnement et de l'envie,  puisque ta capacité est rare et inaccessible pour l'envieux.  

Ainsi, pense à invoquer Allah Le Très Haut matin et soir en guise de protection.

Pense aux hassanates que tu peux amasser en faisant le bien, et de surcroît c’est une chose facile pour toi, puisque cela nourrit ton coeur.

Enfin pense à renouveler ton intention sans cesse. Rien n'est perdu ici-bas car tout est écrit dans l’au-delà. 

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24 commentaires sur “Pourquoi la tristesse t’envahit t’elle autant ?”

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